Bilan — F1 · Les forces de l'électron
1. L'électrisation et les deux charges
Que se passe-t-il quand on frotte deux objets ?
Frotter deux objets l'un contre l'autre arrache des électrons à l'un pour les donner à l'autre : les deux se retrouvent électrisés.
Il n'existe que deux types de charges, notées + et −. Deux charges de même signe se repoussent ; deux charges de signes opposés s'attirent. La charge électrique se mesure en coulombs (symbole C).
Deux charges de même signe se repoussent, deux charges de signes opposés s'attirent ; les deux forces ont toujours la même intensité
Exemple : les deux scotchs arrachés pareil de la table se repoussent (mêmes signes) ; le ballon frotté et la mèche de cheveux s'attirent (signes opposés). Et le mur, le filet d'eau, les confettis, tous NEUTRES, sont quand même attirés : leurs charges se réarrangent, et le côté proche gagne toujours — merci le 1/d².
À NE PAS CONFONDRE : un ballon frotté n'est PAS un aimant. L'aimant n'a pas besoin d'être frotté et n'attire que quelques métaux. Deux phénomènes différents.
2. La loi de Coulomb (1785)
Quelle est l'expression de la force électrique ?
Deux charges s'attirent ou se repoussent avec une force d'intensité donnée par la loi de Coulomb, copiée sur la structure de la loi de gravitation vue en seconde :
- F : intensité de la force (en N) ;
- q₁ et q₂ : charges (en C) ;
- d : distance entre les charges (en m) ;
- k = 9,0 × 10⁹ N.m².C⁻².
- pour comparaison : la gravitation de Newton, avec G = 6,67 × 10⁻¹¹ N.m².kg⁻².
Sur qui s'exerce cette force, et comment décroît-elle ?
La force s'exerce sur chacune des deux charges, avec la même intensité (actions réciproques), le long de la droite qui les relie.
Elle décroît en 1/d² : doubler la distance divise la force par 4. Grande différence avec la gravitation, qui ne sait qu'attirer : la force électrique peut aussi repousser.
Exemple : dans un atome d'hydrogène, électron et proton s'attirent par Coulomb (8,2 × 10⁻⁸ N) ET par Newton (3,6 × 10⁻⁴⁷ N) — un rapport de l'ordre de 10³⁹. C'est la force électrique qui fait tenir les atomes, les molécules, et toute la chimie de l'année.
À RETENIR : dans la formule, d se met en MÈTRES (pas en cm), les charges en coulombs, et on prend la valeur absolue pour l'intensité. Le signe des charges décide seulement du sens : attraction ou répulsion.
3. Le champ électrique : la carte des forces
Qu'est-ce qu'un champ électrique ?
Un objet chargé modifie l'espace autour de lui : en chaque point, il installe un champ électrique E, qui indique la force que subirait une petite charge test positive placée là. E se mesure en N.C⁻¹.
- E : champ électrique (en N.C⁻¹) ;
- F : force subie (en N) ;
- q : charge test (en C).
- le champ créé par une charge ponctuelle q, à la distance d.
À quoi ressemble la carte du champ ?
Autour d'une charge ponctuelle, la carte du champ est radiale : toutes les flèches suivent les rayons, et s'essoufflent en 1/d². Une charge NÉGATIVE placée dans le champ subit une force de sens opposé à celui de E.
Carte du champ créé par une charge positive seule : les flèches partent de la charge en suivant les rayons et raccourcissent avec la distance
Exemple : la cabine de peinture électrostatique — la pièce reliée au sol installe un champ qui l'enveloppe ; chaque gouttelette (−) lit la carte là où elle est et fonce vers la pièce, MÊME à l'arrière, que le jet ne vise pas. La gouttelette ne « sait » rien : elle suit la carte.
4. Le champ de gravitation : la carte jumelle
En quoi le champ de gravitation lui ressemble-t-il ?
Une masse installe elle aussi sa carte : le champ de gravitation, qui s'exprime en N.kg⁻¹. Même structure en 1/d², même géométrie radiale… mais une seule différence : la gravitation ne sait qu'attirer.
- g : champ de gravitation créé par une masse m, à la distance d (en N.kg⁻¹).
Exemple : à 400 km d'altitude, là où vole la Station spatiale, g vaut encore 8,7 N.kg⁻¹, soit 89 % de sa valeur au sol. « Pas de gravité dans l'espace » ne survit pas au calcul. (Pourquoi flottent-ils, alors ? Réponse au chapitre de mécanique.)
À NE PAS CONFONDRE : g est le champ de pesanteur, en N.kg⁻¹, et il dépend de l'endroit ; G est la constante universelle de gravitation, toujours la même. Et pour un objet en altitude, d se mesure depuis le CENTRE de l'astre.