Bilan — E1 · La pile, le courant et le rendement
1. Le courant : un débit de charges
Qui porte la charge, et que mesure l'intensité ?
Dans un métal, les porteurs de charge sont les électrons ; dans une solution, ce sont les ions. L'intensité du courant mesure le débit de charges qui traversent une section du circuit :
- I : intensité (en ampères A) ;
- Q : charge qui a traversé (en coulombs C) ;
- Δt : durée (en s) ;
- 1 A = 1 C.s⁻¹ ; un électron porte la charge −e, avec e = 1,6 × 10⁻¹⁹ C.
Dans quel sens circule le courant ?
À l'extérieur du générateur, le sens conventionnel du courant va du pôle positif vers le pôle négatif. Les électrons circulent dans le sens opposé. C'est une convention ancienne, que l'on a gardée.
Exemple : avec la batterie de janvier, un courant de 150 A traverse le démarreur pendant 2,0 s. La charge qui passe vaut donc 300 C. Cela représente près de 2 × 10²¹ électrons à chaque tentative de démarrage.
2. La pile réelle : E et r
Comment modélise-t-on une pile réelle ?
On modélise une pile réelle par une source idéale de tension E. Cette tension E s'appelle la force électromotrice. La source est en série avec une petite résistance interne r, cachée à l'intérieur de la pile. La caractéristique de la pile est une droite :
- U : tension aux bornes (en V) ;
- E : force électromotrice (en V) ;
- r : résistance interne (en Ω) ;
- I : intensité débitée (en A).

Où lit-on E et r ?
Tu lis E à courant nul. Cette tension s'appelle la tension à vide. La pente de la droite est négative et elle vaut −r. Si on relie les deux bornes par un simple fil, le courant monte jusqu'à E / r. Ce courant s'appelle le courant de court-circuit. Il grille les fusibles et il chauffe les piles.
Exemple : la batterie de janvier était encore chargée et sa tension à vide E était presque normale. Mais le froid avait augmenté sa résistance interne r. Les phares demandent seulement 8 A, donc ils brillaient. Le démarreur demande 150 A, donc la chute de tension r × I devenait très grande. Il ne restait presque plus de tension aux bornes, et le démarreur calait. Diagnostic : la batterie était trop froide, mais elle n'était pas hors d'usage.
À RETENIR : la droite dépend seulement de la pile. Quand tu règles le rhéostat, tu choisis le point de fonctionnement sur cette droite. Pour connaître l'état d'une pile, regarde sa résistance interne r plutôt que sa tension à vide. Même usée, une pile garde une tension à vide presque normale.
3. Puissance et énergie : la facture
Quelle différence entre puissance et énergie ?
La puissance indique à quelle vitesse un appareil reçoit ou fournit de l'énergie. Sur la facture d'électricité, tu paies l'énergie :
- P : puissance (en watts W) ;
- E : énergie (en joules J) ;
- Δt : durée (en s) ;
- l'unité de la facture : 1 kWh = 3,6 × 10⁶ J.
Attention, la même lettre E note une énergie (en J) et une force électromotrice (en V), donc c'est l'unité qui te dit de quoi on parle.
Exemple : à 0,21 € le kWh, charger un smartphone coûte 0,4 centime. Une heure de chauffe-eau de TP coûte 0,3 centime. Mais imagine six appareils laissés en veille toute l'année, à 8 W chacun. Ils consomment 420 kWh, donc ils coûtent presque 90 €. Le prix dépend donc de l'énergie P × Δt, et pas seulement de la puissance P.
4. Effet Joule, rendement et « pertes »
Qu'est-ce que l'effet Joule ?
Tout conducteur parcouru par un courant chauffe. Ce phénomène s'appelle l'effet Joule. La puissance dissipée en chaleur vaut P = R × I², donc elle est multipliée par 4 quand I double.
Comment définit-on le rendement ?
Un convertisseur absorbe de l'énergie. Il en restitue une partie sous forme utile, et le reste part presque toujours en chaleur. Le rendement indique quelle part de l'énergie absorbée est utile :
- η : rendement, sans unité, souvent exprimé en pourcents ;
- η est toujours inférieur à 100 %, car l'énergie ne se crée pas.

Une « perte », est-ce de l'énergie détruite ?
Non, l'énergie n'est jamais détruite. Une « perte » est de l'énergie que l'appareil fournit sous une forme qu'on ne lui demandait pas. La chaleur de l'effet Joule est une perte dans un moteur. Dans un chauffe-eau, cette même chaleur est le produit recherché.
Exemple : au TP 5, le rendement du monte-charge ne dépassait pas 8 % environ, car le moteur chauffait et le réducteur frottait. Le chauffage de l'eau, lui, dépassait 85 %. Pourtant, le même effet Joule est présent dans les deux appareils. Dans la vraie vie, des data centers revendent leur « chaleur fatale » pour chauffer des piscines.
À RETENIR : écris toujours une mesure avec son incertitude. La notice donne le doute maximal Δ, et l'incertitude-type vaut u = Δ / √3. Si les fourchettes de deux rendements se recouvrent, tu ne peux pas les départager. Ils sont ex æquo. Sans fourchette, tu ne peux pas comparer deux valeurs.